Florence Ferin

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83110 Sanary sur Mer
et

05100Briançon

Par la bouinotte ...

Par la lucarne ...

Que se passe-t-il ?


Début juin 2018, avec Emmanuel Rey, musicien, nous allons effectuer un travail d'improvisation, texte et musique, sur la thématique de la fille de neige.

"L'enfant de neige", spectacle de conte, ombre et musique mécanique déjà créé pour un public familial à partir de trois ans tourne bien.


"Fleur de Givre"

J'avais envie de conter cette histoire aux plus grands en prenant en compte les différentes versions de ce conte :

On le retrouve sur notre territoire :

"Le petit garçon de neige", conte recueilli en Corrèze en 1885, in : Jean Markale, "Le temps des merveilles - Contes populaires des pays de France", Librio, 1999 ou"La fille de neige"in :Henri Pourrat, "Le trésor des contes", Livre XIII - 1962). Dans ces versions le personnage principal, enfant de neige, est fabriqué par un couple sans enfant.

Dans "Fleur de Givre", je choisis de prendre en compte la généalogie mythologique russe de ce personnage, bien connu sous le nom de Snégourotchka, fille du Roi de L'Hiver et de la Fée du Printemps .

Je choisis néanmoins que la fonte du personnage au dessus du feu n'aborde pas seulement la fin d'une période dans le cycle des saisons mais évoque également les cycles humains traversés par un personnage qui fondra à sa vie d'enfant de neige quand la chaleur de l'amour la fera femme.

Voici l'histoire :

Depuis toute petite, Fleur de Givre est prisonnière d'un père "givré" qui a pris soin d'écarter la mère dès la naissance de leur enfant. Il faut la protéger des rayons du soleil (le Dieu Yarilo, jaloux de cette union et de son fruit a menacé de s'en prendre à Snégourotchka et de la faire fondre).

Lelia, la mère, est jugée trop douce. Elle est écartée par le père, dans l'éducation de leur enfant. Impuissante devant la folie de son mari, elle aura tout essayé. Face à la violence de la situation , elle choisit de demeurer confiante en la vie en continuant son travail : parcourir la terre pour la fleurir de ses chants. Mais elle tente, au delà de toute entrave, de maintenir le lien essentiel avec son enfant.

Fleur de Givre, enfermée pour être protégée du danger est donc soumise à la toute puissance abusive d'un père empêchant son enfant de vivre pleinement. Cependant, un jour, sa jeunesse fougueuse et son désir lui feront franchir la frontière de la soumission pour découvrir le sens du vivant, le parfum de l'amour et l'épreuve sensuelle de sa métamorphose. Car Fleur de Givre fond pour naître enfin à sa vie de femme.

J'avais déjà écrit une première mouture de ce conte. Elle était largement inspirée de l'opéra de Rimski-Korsakov et du magnifique dessin animé soviétique "La fille des neiges" de Ivan Ivanov-Vano.

Mais cette première écriture ne me satisfait pas pleinement. Ma "Fleur de Givre" résonne tellement avec la vie contemporaine ! J'ai besoin de l'ancrer dans mon réel :

"Fleur de Givre" est fille de parents séparés. Elle vit une enfance tiraillée entre un père complètement givré et une mère écartée, écartelée. Elle est soumise à l'injustice d'une justice glacée qui oeuvre dans le sens de "l'intérêt supérieur de l'enfant" sans prendre en compte l'enfant lui même. Elle doit se construire malgré l'épreuve quasi "schizophrénique" de la guerre déclarée entre ses parents.

Elle sera finalement envoyée chez un couple sans enfant, qui l'aidera à s'inscrire dans la vie. Et c'est en se frottant au feu de la vie véritable, qui nous fait libre et amoureux, que Fleur de Givre va se métamorphoser et sortir du scénario destructeur du couple parental. Elle sera soutenue dans son parcours de vie par sa mère qui a réussi, malgré toutes les barrières dressées devant elle, à ne pas être coupée du lien essentiel avec sa fille.

Ce conte me parle de justice et d'injustice, de combat et de confiance, de chantage et d'amour inconditionnel. Il me parle de la traversée éprouvante d'un enfant, dans la guerre déclarée entre ses deux parents séparés, et de l'abus exercé sur lui, par l'un des deux qui va jusqu'à nier ses besoins vitaux, au risque de l’abîmer et de le priver de sa propre histoire. Il me raconte comment l'enfant peut se construire malgré tout, quand il a la chance d'être porté par d'autres, quand il peut être entouré sans être enfermé, accompagné sans être soumis... Parce que la vie et l'amour, son expression essentielle, sont plus forts, sa métamorphose s'effectuera dans un élan libérateur.


L'hiver est bien fini. Le printemps nous offre la chaleur du renouveau. Les rayons du soleil vont nous inspirer, j'en suis sûre ...


(c) Marion Labéjof
(c) Marion Labéjof